L’étau
Je me rappelle parfaitement la relation que j’entretenais avec Josée et Christina, des copines de quartier à Brossard, quand j’avais sept ans. On rigolait toujours beaucoup ensemble, sauf quand Josée décidait qu’elle et Christina arrêtaient de me parler pendant une heure ou deux, sans explication, comme cette fois où on jouait aux hommes de Cro-Magnon dans le parc.
On était là, à faire des grimaces, et tout d’un coup, j’étais devenue invisible. Premier pincement au cœur; elles se moquent de moi. Second pincement au cœur; j’ai fait quelque chose qu’il fallait pas. Il n’y a pas de troisième pincement, ou plutôt si, un pincement continu; le cœur est pris dans un étau de doutes qui demeurent sans réponses. Et cette angoisse, que l’on ait sept ou vingt-sept ans, elle fait toujours aussi mal, peu importe le genre de silence qui nous frappe.
