Le Canal D au temps du 31

novembre 23, 2009 par kikidemontparnasse

Il fut un temps où je ne jurais que par Canal D. On y passait des vieux films québécois et des documentaires du National Geographic à la pelle. Je sais pas pourquoi, un jour, y a eu comme une brisure. Ça remonte peut-être au moment où ils ont commencé à diffuser les gags pas drôles de Juste Pour Rire, tsé là, ceux qui sont tournés dans la rue.

Toujours est-il que j’ai cessé progressivement de passer mes lendemains de veille à m’instruire sur la reproduction des concombres de mer ou sur La vraie nature de Bernadette.

J’ai pas tellement l’intention de me lancer dans la plainte sempiternelle de la-télévision-d’aujourd’hui-c’est-vraiment-plus-ce-que-c’était-et-c’est-ti-dommage-pas-rien-qu’un-peu-on-trouve-pu-rien-de-qualité-pis-c’est-toute-des-vendus-c’te-monde-là-qui-font-de-la-tévé.

J’ai juste un peu le blues du comme c’était avant, that’s it.

Parce qu’aujourd’hui, je me suis rendu compte que ça me manquait, ces dimanches après-midis-là, à vacher mollement sur mon canapé, les yeux rivés sur je ne sais quel quadripode exotique en voie d’extinction. On en apprend pareil, tsé.

Savez-vous quel est le plus gros poisson au monde? Le requin-baleine.

Sans titre

novembre 6, 2009 par kikidemontparnasse

La fidélité, c’est un drôle de concept. Généralement, on applique la notion à l’amour, right? Moi, je dis que l’amour, c’est bien beau, mais que les relations où je fais le plus souvent preuve de fidélité, c’est en amitié.
Je suis peut-être une drôle d’amie, mais moi, j’aime ou j’aime pas par fidélité – enfin, quand c’est nécessaire.
C’est peut-être étrange, dit comme ça, mais je dors vraiment mieux en suivant ce régime de vie-là.
Parce qu’on a déjà détesté pour moi, faut dire. On a fait ciller bien des oreilles pour que je sèche mes larmes.
On a déjà ri de bon cœur quand on voulait rire jaune, aussi. Juste pour moi. C’est dire, hein.
On dira ce qu’on voudra, la fidélité, eh bien elle a tout plein de scrupules et pis elle en a pas en même temps. C’est comme ça. C’est comme penser que l’infini a pas de fin et se demander il finit où, et ce qu’il y a après, derrière.

Je vais perdre toutes mes dents

novembre 4, 2009 par kikidemontparnasse

J’ai un syndrome grave qui n’a pas de nom. Il s’apparente à celui de la page blanche, mais c’est un peu le contraire. J’ai plein d’idées, mais ce sont des microcosmes qui font pas partie de la même galaxie. Du coup, j’accumule des petits bouts de dialogues, des fragments d’actions, des emporte-pièces de narration, des coins de table de fil conducteur, je continue?

Le hic, c’est que j’ai pas de colle à extraits phrastiques, et que je me demande si un jour, je vais ben finir par finir au moins un truc que j’ai entamé. Commencer une histoire sans savoir ce qui s’y passe même au début me semble soudain potentiellement problématique.

Des idées, quelqu’un?

Et y a aussi un autre truc qui m’achale. Je sais pas pour vous, mais moi, j’ai l’impression que tout a pas mal déjà été dit. Dans le domaine des histoires, je veux dire. Peut-être même en règle générale, mais je me lancerai pas dans ce débat là ce soir, je suis beaucoup trop préoccupée par mon avenir douteux d’aspirante auteure.

Si tout a été dit, ou plutôt écrit, je penche pour l’hypothèse voulant que le nouveau, eh bien il se trouve dans la manière de dire, pas dans ce qu’on dit. Encore là, j’aurais du mal à justifier mon amour profond pour Harry Potter. Hum.

J’ai pas tellement de solution à mon problème, et je me dis que je vais finir par écrire seulement des petites nouvelles où y a pas d’histoire, juste des mots que je trouve beaux, et ça va être ma perte parce que le monde aime pas ça tant que ça ces affaires-là et je vais finir clodo à 30 ans parce que personne m’aura lue et je vais mourir jeune parce que j’aurai pas une bonne hygiène de vie et je vais perdre toute mes dents.

Exposition (collage)

novembre 3, 2009 par kikidemontparnasse

Il reste toujours un peu moins que la lumière

Quand je m’apprête à entamer

L’autopsie d’un réactionnaire.

Le gentleman,

Qui n’a su voir venir l’orage,

Est mort sur la ville

Sans survivre au concert

D’un temps chaque jour

Un peu plus chronique.

L’Art: Pierre Foglia et la banane volante – Partie III

octobre 27, 2009 par kikidemontparnasse

Partie I
Partie II
« Vous n’avez sans doute jamais entendu parler d’Andy Warhol » que vous m’avez dit. Andy Warhol? Le type des boîtes de conserve? La figure de proue du Pop Art?
Hé, ho, j’ai quand même un minimum de culture, hein. Vous m’avez piqué au mauvais endroit ce jour-là, et j’étais furieuse. Mais j’étais surtout triste, parce que vous m’aviez pas répondu comme je l’espérais – vous avez ignoré mes questions pour plutôt me rabattre le caquet.
Bien sûr, je voulais votre approbation, mais je voulais aussi comprendre il était situé de quel côté de la banane, l’Art de Saez. Sur ce point-là, votre mutisme m’a paru insatisfaisant.
Ainsi s’est conclu ce chapitre de correspondance.
Aujourd’hui
Aujourd’hui, la banane oscille entre le noir et le blanc; si je me suis calmé l’indignation, j’hésite toujours à trouver ce projet artistique. De toute façon, je ne crois pas qu’il se réalisera un jour, alors à partir de MAINTENANT, César Saez et sa banane volante ne feront plus un seul pli sur ma définition de l’Art.
Voilà, exit la première crotte sur le cœur.

Le jeu de mots de Madame chose

octobre 27, 2009 par kikidemontparnasse

Je ne lis pratiquement jamais le journal, et ce pour deux raisons. D’abord parce que je suis pas abonnée, ensuite parce que c’est pas recommandé pour le spleen. Et puis un peu aussi parce que ça m’emmerde. Enfin, bref, ça, c’est en règle générale.

Aujourd’hui, c’est pas pareil. Il se passe quelque chose de plutôt drôle dans l’univers journalistique québécois. Une guerre ouverte entre deux chroniqueurs, le genre de truc qui fait pondre des textes en série. C’est pas tous les jours Noël, alors je compte bien en profiter.

Pour comprendre cette chicane de couple, il faut cependant faire un petit effort, et lire les trois textes autour desquels tous les blogueurs du Québec ravalent leur salive.

L’étape numéro un, c’est Le vaccin contre l’hystérie, une chronique signée par nul autre que ce cher Foglia.

Réaction pas réaction, c’est pas tellement grave pour le moment. L’étape numéro deux est là pour ça. Il s’agit d’une réponse de Denise Bombardier publié dans Le Devoir deux jours après la parution de l’article de Foglia. L’intouchable, de son petit nom.

Et là, je m’arrête un instant pour reprendre conscience. La Bombardier m’a insultée. Non seulement elle m’a insultée, mais elle l’a fait médiocrement. Sans verve ni substance, pas même une touche de finesse dans sa crisse de prose de Lettrée. Du toc. Je suis même pas sûre qu’elle a compris que le titre de son article a un double sens. Pire que les jeux de mots dans la vie, c’est les jeux de mots pas voulus.

Pourquoi je suis insultée, hein? Parce qu’elle nous prend pour des cons illettrés naïfs ou pervers dépourvus de toute capacité de discernement – nous étant bien sûr ceux à qui il arrive de lire ludiquement les chroniques du grand méchant gourou.

« C’est un séducteur abrasif qui, à la manière du carcajou, étripe ceux, nombreux, qui l’idolâtrent. […] Les naïfs n’y voient que du feu, inconscients du mépris qu’il leur distille, et les pervers se régalent. […] À trop vouloir singulariser sa pensée, à mettre de l’avant la marginalité et la déviance dans un effet de mode et de tendance, on risque tous les dérapages. »

Sans vouloir être prétentieuse, j’estime que quand on écrit comme un auteur de roman Harlequin, on s’abstient. Et quand ce qu’on a à dire est aussi grotesque, on s’abstient encore. On s’abstient, sinon ça conduit directement à l’étape numéro trois de la polémique : Retouches (d’un intouchable).

De quelques définitions

octobre 26, 2009 par kikidemontparnasse

Voici le prologue de quelques définitions utiles au débat sémantique qui anime mes recherches personnelles sur l’ART… Ces définitions sont tirées de mon meilleur ami, le Petiit Robert.

ART, nom masculin:

I.  Ensemble de moyens, de procédés conscients qui tendent à une fin

Moyen d’obtenir un résultat (par l’effet d’aptitudes naturelles); ces aptitudes (adresse, habileté) […]

L’habileté jointe à la connaissance des moyens […]

Ce que l’homme ajoute à la nature, ce qui est artificiel […]

Ensemble de connaissances et de règles d’action dans un domaine particulier; les connaissances, par opposition à une science envisagée abstraitement […]

Métier exigeant une aptitude et des connaissances (apprentissage) de la part de la personne qui l’exerce […]

II.  Représentation du beau

Expression par les œuvres de l’homme, d’un idéal esthétique; ensemble des activités humaines créatrices visant à cette expression […]

Chacun des modes d’expression de la beauté […]

BEAU, nom masculin:

Ce qui fait éprouver une émotion esthétique […] Choses de belle qualité.

BEAU, adjectif:

Qui fait éprouver une émotion esthétique [...] Qui plaît à l’œil (opposé à laid).

Dont le physique, et spécialt le visage, répond à certains canons de beauté.

ESTHÉTIQUE, nom féminin:

Science du beau dans la nature et dans l’art; conception particulière du beau. 

ESTHÉTIQUE, adjectif:

Relatif au sentiment du beau.

Qui participe de l’art.

Qui a un certain caractère de beauté.

Relatif aux moyens mis en œuvre pour maintenir ou améliorer l’apparence physique.

L’Art: Pierre Foglia et la banane volante – Partie II

octobre 24, 2009 par kikidemontparnasse

L’Art: zoom in sur la banane volante et contribution amazonienne

octobre 23, 2009 par kikidemontparnasse

Ha! Je me rappelle du souper, j’y étais! On s’était tous bien chicanés à cause de cette banane et c’était de ma faute, j’avais lu un article la dessus dans le journal en mangeant un shish taouk et je vous en avais parlé pour faire ma fine!
Après en avoir rediscuté, je crois bien que j’ai mon idée sur cette banane et je crois que nous avons tous bien marché dans le jeu. Je pense que la discussion enflammée de ce souper était EXACTEMENT ce que l’artiste voulait. Je crois qu’il n’a jamais eu l’intention de mettre cette foutue banane dans le ciel du Texas, je crois qu’il voulait allumer une discussion sur la question, la définition, l’utilité, alouette! de l’art et qu’il a bien réussi avec nous ce jour-là.
L’oeuvre d’art est le site internet même, d’aspect “sérieux” et étoffé qui fait croire au curieux que ce projet (complètement débile) est réellement en train de se réaliser.
Considérer ce site web comme une oeuvre d’art, une démarche artistique, je ne sais pas, mais comme une manière détournée (et bien rusée) de susciter une réflexion, aussi bien chez le grand public (J’ai du lire cet article dans le Journal de Montréal!) que chez les artistes, oui!
M’enfin c’est ce que je crois…Mes excuses à l’artiste si le lancement de la banane est prévu pour bientôt!

Commentaire émis par mon amie L’Amazone, octobre 23, 2009 à 2:59

L’Art: Pierre Foglia et la banane volante – Partie I

octobre 23, 2009 par kikidemontparnasse

Bon. Avant de faire le ménage dans tous ces théorèmes artistiques, je crois qu’il faut que je me libère des crottes amassées au fil des années et que j’ai encore sur le cœur.

Première libération : Lettre à Pierre Foglia

Monsieur Foglia,

Je ne réagis pas, dans cette lettre, à quoi que ce soit qui fut publié dans votre quotidien. Au fait, je ne crois pas réagir, point. Ce n’est ni pour vous poser une question ni pour vous demander votre avis que je vous adresse ces paroles – j’ai eu ma leçon il y a quelques années, alors pour le passage à la savonnette, c’est gentil, mais je vais passer.

J’ai commencé à lire vos chroniques quand j’avais 14 ans. J’aimais votre ton cinglant et votre regard critique sur les choses. Les mardis et jeudis après-midi, j’avais l’habitude de rentrer de l’école à pied, en compagnie de mon ami Jean-Christophe, à qui je faisais la lecture de vos dernières réflexions. Puis, on discutait longuement de nos points de vue respectifs, jusqu’à ce qu’on arrive enfin chez soi.

Sur ce plan, je crois qu’il est juste d’affirmer que vous m’avez aidée à développer mon esprit critique, bien qu’à l’époque, je buvais vos paroles comme si elles avaient été de l’eau bénite. S’il est vrai que j’acquiesçais à la moindre de vos opinions, vous m’avez en revanche appris à détacher un peu mon jeune esprit de ce qu’il convient, je crois, d’appeler la masse. Je crois que c’est de famille, chez les critiques, vous savez, cette manie de toujours dire blanc quand les autres disent noir. Je vous apprécie toujours beaucoup, mais bon, vous êtes descendu du piédestal, vous vous en douterez.

Peut-être ceci vous fera-t-il sourire : j’ai un grand cahier tout noir, dans lequel j’écris des paroles de chansons, des citations, parfois des extraits de romans, mais un seul article de journal y est collé, et il porte votre griffe. Il doit dater de 1999, en tout cas, dans ces eaux-là. Il parle de guépards, de Dieu et d’ananas, il me semble. Enfin, voilà.

Bon, fini le préambule, j’en arrive à cette fameuse banane volante. Il y a de cela quelques années, j’en ai entendu parler lors d’un souper entre finissants d’arts plastiques (à cette époque, les arts et moi étions déjà sur la corde raide).

La banane volante

Geostationary Banana Over Texas

Geostationary Banana Over Texas

 

En janvier 2007, l’artiste montréalais César Saëz a eu l’idée incongrue de faire flotter une banane géante dans le ciel du Texas pendant un mois. Je ne m’étendrai pas sur les détails techniques, car vous pouvez trouver toute l’information sur le site suivant : http://www.geostationarybananaovertexas.com/fr.html.

Donc, cette fameuse banane, elle fait quoi au juste? Elle ne fait rien. Elle coûte 1,5 million de dollars à produire, mais en somme, elle ne fait rien. Et c’était là tout le problème. Ou tout mon problème, devrais-je dire.

En effet, j’avais vraiment un gros problème avec cette banane.   

À suivre…